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ANG_1

Albert ANGOT

1813-

NOS RUINES
1871
@@ -238,6 +238,7 @@ Et toi, Calomnie, aux yeux blêmes,
Baisse tes regards confondus.
Jusques à quand, monstre farouche,
Flétrissant tout ce qui te touche
Les affreux poisons de ta bouche
Noirciront-ils les innocents ?
Ah ! que ne puis-je, en ma colère,
Des héros, vengeur tutélaire,
@@ -254,6 +255,7 @@ Ma plume dans le fiel trempée
Plus implacable qu’une épée
A flétri de honteux forfaits.
Je pleure avec l’homme qui pleure ;
Mon cœur l’accompagne à toute heure ;
Mais sur la royale demeure
Je sculptai : « — Tyran, je te hais.— »

@@ -593,7 +595,7 @@ Au sein de la neige s’étend.


Je pense à toi, quand sous la tente
Le sommeil fuit loi de mes que,
Le sommeil fuit loin de mes yeux,
Retirant sa main bienfaisante
De mon front embrasé de feux.
Je vois alors ton doux visage
@@ -614,6 +616,7 @@ Comme une rose printanière
Qu’effleure à peine un frais zéphyr
Du vent de son aile légère,
Je sens mon âme tressaillir.
L’horizon me semble moins sombre,
Et je vois se dissiper l’ombre
Qui me dérobe l’avenir.

@@ -639,7 +642,7 @@ S’élancent les boulets fumants ?
Ma pauvre enfant, que de misères,
Que de chagrins il faut souffrir !
Bien des fois des larmes amères
De tes yeux pouvoir tarir
De tes yeux sans pouvoir tarir
Ont coulé le long de ta joue,
Pendant que près de toi se joue
Un grand drame près de finir.
@@ -968,6 +971,7 @@ Mîtres d’or roulent pêle-mêle
Avec la hache des bourreaux.
Dans la course vertigineuse,
Que poursuit sa vague écumeuse.
Tout est emporté par le Temps.
Rien ne flotte, rien ne surnage,
Pas même l’herbe du rivage.
Le temps, c’est le roi des torrents.
@@ -978,6 +982,7 @@ Veux-tu combattre, homme insensé,
Cette force, cette puissance
Qui dans un jour t’aura brisé ?
N’élève plus dans ton délire,
Pour perpétuer ton empire,
Des colosses au front d’airain.
Ne taille plus dans le carrare
Tes traits que le cercueil avare
@@ -1525,6 +1530,7 @@ Un souffle de fierté mêlé d’indépendance,
Qu’elle avait recueilli jadis venant de France,
Animait ses enfants qui marchaient au combat.
Les Ruckert et les Arndt enflammaient leur courage ;
Chacun voulait avoir sa part au grand ouvrage,
Chacun voulait être soldat.


@@ -1718,6 +1724,7 @@ Vous avez joué votre rôle,
Acteurs chamarrés de la cour ;
Je veux vous marquer à l’épaule,
Vous dénoncer au roi du jour.
Je veux déchirer vos parures.
D’autres sans vous ont des parjures
Et sur les lèvres des serments ;
Ne venez point grossir leur nombre ;
@@ -1764,13 +1771,14 @@ Ils disent : — « Je sais qu’à telle heure
« Écumera le flot amer. »


Ils rassuraient encore la veille
Ils rassuraient encor la veille
Le souverain qui s’alarmait,
Tandis qu’ils savaient à merveille
Que sa couronne s’abîmait :
— « Nous sommes sûrs du capitaine ;
« Un vent meilleur gonfle l’antenne,
« Plus sûrement vogue l’esquif ;
« Je vois mollir l’onde écumante,
« Ne craignons point une tourmente ;
« Nous éviterons le récif. » —

@@ -1931,7 +1939,8 @@ L’instant de sonner le beffroi.



SUR LA DÉMOLITION DE LA COLONNE DE LA PLACE VENDÔME
SUR LA DÉMOLITION 
DE LA COLONNE DE LA PLACE VENDÔME

I

@@ -2165,7 +2174,7 @@ Paris, ses trésors, sont à vous !

« A nous les dignités… ! — Amis, je prends la Guerre ;
« Nommez-moi général. — C’est dit ! — Demain j’espère
« Vous mener à Versailles en vrais triomphateurs.
« Vous mener à Versaille en vrais triomphateurs.
« — Moi, je prends la Police ! — A moi donc les Finances :
« Je veux inaugurer des réformes immenses,
« Mes amis, plus de débiteurs !
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ANG_1

Albert ANGOT

1813-

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NOS RUINES

1871

1668 vers
1676 vers

─ poème	ANG1	LE SIÈCLE
─ poème	ANG2	LE POËTE
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