Commit ae4fb12d authored by Richard Renault's avatar Richard Renault
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Corrections de plusieurs erreurs signalées par Alexandre Vilnet

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@@ -12285,7 +12285,7 @@ L’ESPOIR
Je voudrais aimer autrement.
Hélas ! je voudrais être heureuse !
Pour moi l’amour est un tourment ;
Là tendresse m’est douloureuse.
La tendresse m’est douloureuse.
Ah ! que je voudrais être heureuse !
Que je voudrais être autrement !

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@@ -165,7 +165,7 @@
				<change when="2017-02-28" who="RR">Révision de l’entête et de l’encodage du texte pour la validation XML-TEI (TEI_corpus_Malherbe.xsd).</change>
				<change when="2018-11-02" who="RR">Correction dans le poème "Dors, ma Mère".</change>
				<change when="2024-03-25" who="RR">Correction d’une erreur d’édition dans le poème "Une mère".</change>
				<change when="2026-09-16" who="RR">Validation XML-TEI (TEI_Corpus_Malherbe_1.7.1.xsd)</change>
				<change when="2026-10-14" who="RR">Validation XML-TEI (TEI_Corpus_Malherbe_1.7.1.xsd)</change>
			</listChange>
		</revisionDesc>
	</teiHeader>
@@ -6810,7 +6810,7 @@
							<l n="6" num="1.6">Faisaient pleurer les tristes matelots,</l>
							<l n="7" num="1.7">Elle n’oppose à de perfides armes</l>
							<l n="8" num="1.8">Que ce murmure apporté par les flots :</l>
							<l n="9" num="1.9"><space quantity="10" unit="char"/>God save the King !</l>
							<l n="9" num="1.9"><space quantity="10" unit="char"/>God save the King !<space quantity="10" unit="char"/>God save the King !</l>
						</lg>
						<lg n="2">
							<l n="10" num="2.1">J’avais quitté les liens de l’enfance,</l>
@@ -6821,7 +6821,7 @@
							<l n="15" num="2.6">Et retombaient lentement sur mon cœur,</l>
							<l n="16" num="2.7">Mon cœur tout bas mêlait à sa prière</l>
							<l n="17" num="2.8">Cette prière encor pour mon vainqueur :</l>
							<l n="18" num="2.9"><space quantity="10" unit="char"/>God save the King !</l>
							<l n="18" num="2.9"><space quantity="10" unit="char"/>God save the King !<space quantity="10" unit="char"/>God save the King !</l>
						</lg>
						<lg n="3">
							<l n="19" num="3.1">Seule souvent au berceau de sa fille,</l>
@@ -6832,7 +6832,7 @@
							<l n="24" num="3.6">D’un chant d’amour je berçais son sommeil ;</l>
							<l n="25" num="3.7">Et de ce chant dont la rive résonne,</l>
							<l n="26" num="3.8">Ma voix toujours salua son réveil :</l>
							<l n="27" num="3.9"><space quantity="10" unit="char"/>God save the King !</l>
							<l n="27" num="3.9"><space quantity="10" unit="char"/>God save the King !<space quantity="10" unit="char"/>God save the King !</l>
						</lg>
						<lg n="4">
							<l n="28" num="4.1">Sur mon front triste, abattu, mais sans crainte,</l>
@@ -6843,7 +6843,7 @@
							<l n="33" num="4.6">Ô beau pays qui vit mes plus beaux jours !</l>
							<l n="34" num="4.7">En d’autres jours si tu vois mon naufrage,</l>
							<l n="35" num="4.8">Dis que ta reine au moins chanta toujours :</l>
							<l n="36" num="4.9"><space quantity="10" unit="char"/>God save the King !</l>
							<l n="36" num="4.9"><space quantity="10" unit="char"/>God save the King !<space quantity="10" unit="char"/>God save the King !</l>
						</lg>
					</div>
					<div type="poem" key="DES127">
@@ -12377,7 +12377,7 @@
							<l n="1" num="1.1">Je voudrais aimer autrement.</l>
							<l n="2" num="1.2">Hélas ! je voudrais être heureuse !</l>
							<l n="3" num="1.3">Pour moi l’amour est un tourment ;</l>
							<l n="4" num="1.4">Là tendresse m’est douloureuse.</l>
							<l n="4" num="1.4">La tendresse m’est douloureuse.</l>
							<l n="5" num="1.5">Ah ! que je voudrais être heureuse !</l>
							<l n="6" num="1.6">Que je voudrais être autrement !</l>
						</lg>
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@@ -1940,7 +1940,7 @@ A crié d’un long cri : « Terre, rends-moi mon fils ! »


Rien ne t’éveillera ; car ta couche est profonde.
Ah ! sur trop de cyprès là liberté se fonde !
Ah ! sur trop de cyprès la liberté se fonde !
Ah ! mon Dieu ! trop de sang trempe un généreux fer !
Dans vos rêves éteints, dormez, belles victimes ;
Laissez-nous l’esclavage, et laissez-leur les crimes.
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@@ -172,7 +172,7 @@
				<change when="2018-09-03" who="RR">Ajout des vers manquants.</change>
				<change when="2018-11-02" who="RR">Ajout des vers manquants.</change>
				<change when="2026-09-05" who="RR">Correction de la date de création : 1833 et non 1830 (erreur signalée par Philippe Gambette).</change>
				<change when="2026-09-16" who="RR">Validation XML-TEI (TEI_Corpus_Malherbe_1.7.1.xsd)</change>
				<change when="2026-10-14" who="RR">Validation XML-TEI (TEI_Corpus_Malherbe_1.7.1.xsd)</change>
			</listChange>
		</revisionDesc>
	</teiHeader>
@@ -838,7 +838,7 @@
						<l n="4" num="1.4">Je ne respire plus. Un douloureux transport</l>
						<l n="5" num="1.5">Entraîne loin de moi sur ta trace perdue ,</l>
						<l n="6" num="1.6">Ma faiblesse qui pleure et qui cherche, assidue,</l>
						<l n="7" num="1.7">Ta vie et ton courage imprudent. Car jamais</l>
						<l n="7" num="1.7">Ta vie et ton courage imprudent. Car jamaisTa vie et ton courage imprudent. Car jamais</l>
						<l n="8" num="1.8">L’heure qui dit : silence ! et qui défend qu’on veille,</l>
						<l n="9" num="1.9">Ne jette loin de moi sa voix dans ton oreille ;</l>
						<l n="10" num="1.10">Et tu ris quand j’écoute, ou que, d’un doigt prudent,</l>
@@ -1998,7 +1998,7 @@
					</lg>
					<lg n="3">
						<l n="19" num="3.1">Rien ne t’éveillera ; car ta couche est profonde.</l>
						<l n="20" num="3.2">Ah ! sur trop de cyprès là liberté se fonde !</l>
						<l n="20" num="3.2">Ah ! sur trop de cyprès la liberté se fonde !</l>
						<l n="21" num="3.3">Ah ! mon Dieu ! trop de sang trempe un généreux fer !</l>
						<l n="22" num="3.4">Dans vos rêves éteints, dormez, belles victimes ;</l>
						<l n="23" num="3.5">Laissez-nous l’esclavage, et laissez-leur les crimes.</l>
@@ -3037,7 +3037,7 @@
					<lg n="7">
						<l n="33" num="7.1">Et l’enfant tout à coup s’arrête. Elle s’arrête.</l>
						<l n="34" num="7.2">Du voile qui l’étouffe il dégage sa tête ;</l>
						<l n="35" num="7.3">De ses cheveux touffus lent à se découvrir,</l>
						<l n="35" num="7.3">De ses cheveux touffus lent à se découvrir,De ses cheveux touffus lent à se découvrir,</l>
						<l n="36" num="7.4">Il tremble. Il jette enfin d’une lèvre altérée :</l>
						<l n="37" num="7.5">« J’ai soif ! » — Et dans le ciel l’espérance est rentrée…</l>
					</lg>
@@ -4521,7 +4521,7 @@
							<l part="F" n="59" num="4.47">— Je t’écoute,</l>
							<l n="60" num="4.48">Et je plains ton doux rêve ; il me touche. Il m’en coûte</l>
							<l n="61" num="4.49">D’attrister le miroir attaché sur ton cœur,</l>
							<l n="62" num="4.50">Où tu me trouves belle, où je me vois aimée ;</l>
							<l n="62" num="4.50">Où tu me trouves belle, où je me vois aimée ;Où tu me trouves belle, où je me vois aimée ;</l>
							<l n="63" num="4.51">Mais, regarde, et gémis d’être un enfant moqueur :</l>
							<l part="I" n="64" num="4.52">Je suis laide.</l>
							<l part="M" n="64" num="4.52">— Ma mère !…</l>
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@@ -165,7 +165,7 @@ Et dit avec Malcolm ; « Qu’est-ce que le Remords ? »
Esprit qui passe, ouvrant son aile souple et forte,
Au souffle impérieux qui l’enivre et l’emporte,
D’où vient qu’à ton beau rêve où se miraient les cieux,
Je sens fondre une larme en un coin dé mes yeux ?
Je sens fondre une larme en un coin de mes yeux ?
C’est qu’aux flots de lait pur que me versait ma mère,
Ne se mêlait alors pas une goutte amère ;
C’est qu’on baisait l’enfant qui criait : Tout pour moi !
@@ -938,8 +938,8 @@ Un seul mot d’une Voix couvre toutes les voix !

On s’est connu si jeune ! on s’est dit tant de choses !
On a vu se lever tant de jours, tant de roses,
Tant de soleils sereins Se promener aux cieux,
Vous regardant ensemble et lés yeux sur les yeux !
Tant de soleils sereins se promener aux cieux,
Vous regardant ensemble et les yeux sur les yeux !
Tu n’y songes donc pas : ces tendres habitudes,
Ces soucis partagés, ces rêveuses études,
Ces printemps, tout chargés d’éclairs, de fleurs, de miel,
@@ -993,7 +993,7 @@ De ne rendre jamais l’offense pour l’offense ;
C’est acheter longtemps ; par pleurs et par pitié,
Une âme, qu’on voulut pour sœur et pour moitié,
Une chère âme, au monde et donnée et perdue,
Et qui par une autre’e âme, au ciel sera rendue !
Et qui par une autre âme, au ciel sera rendue !


Ainsi, crois à l’amour. Il est plus fort que toi :
@@ -1140,7 +1140,7 @@ L’enfance a pardonné : mon Dieu, pardonnez-moi !

UNE VOIX
Laissez passer la foi, la grâce et l’innocence :
Laissez remonter l’âme a sa divine essence !
Laissez remonter l’âme à sa divine essence !



@@ -2155,15 +2155,18 @@ Excitant de vos bras les débiles ressorts,
Chanter sous la sueur des paternels efforts ;
Vous, que j’ai vu sublime et renfermant vos ailes,
Vous résigner au sol, pareil aux hirondelles, 



Qui, pour nourrir leurs nids, percent les durs sillons,
Et partagent le grain de milliers d’oisillons :
« Pourquoi vous ai-je vu tout-à-coup triste et pâle,
Pourquoi vous aï-je vu tout-à-coup triste et pâle,
Couvrir de vos deux mains vos traits brûlés de hâle,
Tel qu’un homme hâté s’arrête de courir,
Et dit en lui : C’est vrai, pourtant, il faut mourir !
Puis qui reprend sa route avec la tête basse,
Comme si d’un fardeau son épaule était lasse ?
Ah C’est que des points noirs troublent un ciel vermeil,
Ah ! c’est que des points noirs troublent un ciel vermeil,
Quand nos yeux éblouis ont vu trop de soleil.


@@ -2171,25 +2174,25 @@ C’est qu’on n’a pas encore, à chaque âme qui tombe,
Aplani le chemin du baptême à la tombe ;
C’est qu’à cette âme en pleurs de sa chute du ciel,
On refuse déjà le froment et le sel ;
C’est qu’il ne passe pas franc, de port sur la terre,
C’est qu’il ne passe pas franc de port sur la terre,
Ce problème, scellé d’espoir et de mystère ;
C’est que Ton ne veut pas, même an prix de travail,
C’est que l’on ne veut pas, même au pris du travail,
Laisser l’herbe au troupeau sans pâtre et sans bercail.
Le travail ! le travail, et le pain sans aumône,
Dieu l’a semé pour-tous : on nous-prend ce qu’il donne.
Dieu l’a semé pour :tous : on nous prend ce qu’il donne.
Hélas ! hélas ! ma mère a pleuré pour du pain !
Hélas ! j’ai vu mourir de froidure et de faim !
Hélas ! quand la faim gronde au cœur d’une famille,
Quand la mère au foyer voit chanceler sa fille,
Quand la mère au loyer voit chanceler sa fille,
Quand tout y devient froid, jusqu’aux pleurs de leurs yeux,
Qu’elles n’ont plus de voix pour l’élever aux cieux ;
Quelles n’ont plus de voix pour l’élever aux cieux ;
Quand les petits enfans, bégayant leurs prières,
Alors qu’un doigt de plomb pèse sur leurs paupières,
 Alors qu’un doigt de plomb pèse sur leurs paupières, :
Tâchent de dire encore à leur ange gardien : 
« Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien ! »
Mon frère, n’est-ce pas que la mère est sublime,
Si ses flancs déchirés n’enfantent pas un crime ;
Si F air ne bondit pas des sanglots du tocsin,
Si l’air ne bondit pas des sanglots du tocsin,
Que son remords alors ne peut plus interrompre ;
Et si comme une épée, ils frappent à le rompre
Les fibres tendus de son sein ! 
@@ -2200,34 +2203,36 @@ Et suspend la révolte, et s’empresse au secours ;
Et comment, jusqu’au cœur, sa limpide parole
Infiltre l’eau divine avec les saints discours.
Moi, je sais qu’elle a dit au lit de mon aïeule :


« Femme, ne mourez pas : levez-vous, me voici ! »
Et plus tendre, et plus bas, pour le dire à moi seule :
« Toi qui devais donner, pauvre ange, prends aussi. »
C’était… oh ! c’était vous, mon Dieu ! j’y crois encore.
C’était. oh ! c’était vous, mon Dieu ! j’y crois encore.
Oui, frère, c’était Dieu, ce Père que j’adore,
Ce Roi, que son enfant n’appelle pas en vain ;
Dont le sang a coulé dans ma soif et ma faim !


Ainsi vous avez beau chanter, père et poète, 
Beau mesurer votre âme et relever la tète,
Beau mesurer votre âme et relever la tête, 
Beau crier, plein d’haleine : À moi la vie ! à moi !
La terre est toute à l’homme, et l’homme en est le roi ;
Vous sentez par secousse une chaîne inconnue, 
Dans la prison de chair où votre âme est venue.
Vous ayez beau prétendre à vos trésors épars ;
Vous avez beau prétendre à vos trésors épars ; 
Vos trésors envahis glissent de toutes parts.
Dans la foule de rois où vous perdez votre ange,
Il ne vous reste rien qu’une fatigue étrange,
Une langueur de vivre, une soif de sommeil,
Et toujours la misère assidue an réveil ;
Et toujours la misère assidue au réveil :
La misère au milieu du grand Éden ! méchante
Au passereau qui vole, au rossignol qui chante,
À la fleur qui veut naître et qui n’ose éclater,
Au germe qui veut vivre et ne peut palpiter ;
L’âpre misère enfin, cette bise inflexible,
Qui détruit lentement ce que Dieu fit sensible ;
Dont le pâle baiser gèle l’arbre et le fruit ;
Dont le pâle baiser gêle l’arbre et le fruit ;
Elle pousse ma porte, où s’élève sans bruit
La prière toujours allumant son sourire,
Quand l’ange gardien passe et m’aide à la mieux dire.
@@ -2242,21 +2247,19 @@ Mes épines au front que je croyais des fleurs !
L’amour m’a fait présent d’une tendresse amère, 
Du doux remords d’aimer et d’oser être mère.
En regardant pâlir des fronts purs et charmans,
On a peur d’attirer sur eux ses châtimens ;
On a peur d’égarer une âme aux blanches ailes
On a peur d’attirer sur eux ses châtimens :
On a peur d’égarer une âme aux blanches ailes :
Dans les sentiers souillés par tant d’âmes cruelles,
Ou de les voir nager dans les flots turbulens 
Qui viennent d’épuiser nos bras vains et tremblans.


Qui viennent d’épuiser nos bras vains et tremblans, 
Ces beaux enfans, si fiers d’entrer dans nos orages,
Rêvant leurs horizons, leurs jardins, leurs ombrages,
Moi, quand je les vois rire à ce prisme trompeur,
Moi, quand Je les vois rire à ce prisme trompeur,
Je veux rire, et je fonds en larmes dans mon cœur.
Et vous, n’avez-vous pas de ces pitiés profondes
Qui vous percent le sein, comme feraient les ondes
Qui vous percent le sein, comme feraient les ondes :
En creusant goutte à goutte un caillou ? Mille fois
J’ai voulu les instruire, et j’ai gardé ma voix.
J’ai voulu les instruire, et J’ai gardé ma voix.
Que fait la chèvre errante au rocher suspendue,
Qui rêve et se repent de sa route perdue ?
Ose-t-elle effrayer, penchés sur le torrent
@@ -2279,66 +2282,15 @@ J’épèle, comme vous, avec humilité,
Un mot qui contient tout, poète : éternité !
De chaque jour tombé mon épaule est légère ; 
L’aile pousse et me tourne à ma nouvelle sphère :
À tous les biens ravis qui me disent adieu,
À tous les biens ravis qui me disent adieu ;
Je réponds doucement : va m’attendre chez Dieu !
Qu’en ferais-je ; après tout, de ces biens que j’adore ?
Qu’en ferais-je, après tout, de ces biens que j’adore ?
Rien que les adorer ; rien que les perdre encore !
J’attends. Pour ces trésors donnés, repris si tôt,
Mon cœur n’est pas éteint : il est monté plus haut !



MERCI POUR MA FILLE

Au sort de votre père en étoile attachée,
Lampe de sa maison, lumineuse et cachée,
Paisible sur les bords d’un profond avenir,
Penchez un peu l’oreille au jeune souvenir.


Une lisière encor vous tenait ; vos pieds d’ange,
Trop faibles pour la terre, où tout blesse, où tout change,
Ne marchaient pas sans guide en nos rudes chemins,
Et vous aviez du ciel plein vos petites mains,


Pour une âme nouvelle à cette vie amère,
Un enfant dans sa crèche (où n’était pas sa mère),
Ébloui de votre âge et du regard charmant
Dont vous illuminiez son jeune sentiment.


La mère, c’était moi ; l’enfant, c’était ma fille,
Qui manquait au cortège errant de la famille.
Au pied de la croix haute et d’un frais arbrisseau,
Nous avions à la hâte élevé son berceau.


Pâle de mon courage et d’angoisse suivie,
Je la cédais au sein qui lui versait la vie ;
D’une aile sans repos le malheur m’enlevait,
Et votre père ému, d’un regard me suivait.


Et vous, sur votre père incessamment penchée,
Visitant ma jeune âme où Dieu l’avait cachée,
Comme au nid d’un oiseau, vous montiez quelquefois
Lui bégayer mon nom d’une angélique voix.


Elle, la joue encore humide de mes larmes,
Vous connaissant du ciel, jouait avec vos charmes ;
Et son cœur dilaté, d’un instinct tendre et prompt,
Allait s’épanouir aux lys de votre front :


L’ange blanc du baptême, en ondoyant votre âme,
À laissé dans vos lis rayonner tant de flamme !
Niez-vous ce passé receleur de ma foi,
Et ce qu’il dit de vous quand il s’éveille en moi !



UNE PRIÈRE À ROME
POUR MON FRÈRE

@@ -2484,7 +2436,7 @@ Meurt-elle ?
L’ENFANT ET LA FOI
ITALIE

Prompt ramier, fleur des toits, d’où viens-tu ce malin ?
Prompt ramier, fleur des toits, d’où viens-tu ce matin ?
Quel espoir l’enlevait par ce temps incertain,
Lourd de pluie,
Chaud d’éclairs ;
@@ -2499,7 +2451,7 @@ Albertine,
Âme en fleur ?
Assise au seuil de Dieu cette pâle églantine,
Qui m’attend, inclinée au bruit de nos malheurs,
À-t-elle encor des yeux pour regarder mes pleurs ?
A-t-elle encor des yeux pour regarder mes pleurs ?


Sur ses chastes genoux tient-elle un jeune enfant,
@@ -4447,7 +4399,7 @@ D’entrer où finissent les jours ! »


Alors ses pitiés envahies
Dans sou cœur semblaient se presser,
Dans son cœur semblaient se presser,
Devant ces âmes éblouies
Qui se heurtaient pour l’embrasser.

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